Interview Jordan LefortInterview Jordan Lefort
Face à Lorient, Jordan Lefort a disputé son 100ème match en Noir&Blanc. L’occasion pour lui de revenir sur son parcours au Club jusqu’ici, d’évoquer ses meilleurs souvenirs, ses fiertés et sa saison en cours.
C’est forcément un cap symbolique. Disputer 100 matchs avec un club, surtout en moins de trois ans, ce n’est pas anodin. Cela veut dire que j’ai beaucoup joué, que le Club et le coach m’ont accordé leur confiance, et que j’ai su la justifier sur le terrain. D’une certaine manière, cela confirme aussi que j’ai fait le bon choix en venant à Angers.
J’ai toujours dit que j’étais un joueur qui s’inscrit dans la durée. À Amiens, j’ai également dépassé les 100 matchs, et aux Young Boys, j’étais autour des 90 matchs. C’est un fonctionnement qui me correspond. Je m’investis pleinement dans un projet et je m’inscris sur le long terme. Donc oui, c’est symbolique.
Non, pas du tout. Quand je signe à Angers, je ne me dis pas « Je vais faire 100 matchs. » Dans le football actuel, tout peut aller très vite. On ne peut pas prévoir ce genre de choses.
Après, quand tu atteins les 70 ou 80 matchs et que tu entames une nouvelle saison, tu sais que le cap n’est plus très loin. Ce n’est jamais un objectif fixé, mais c’est quelque chose d’agréable à aller chercher.
Jordan Lefort.
C’est passé vite, très vite même. Mon premier match à Raymond-Kopa était contre Annecy en Ligue 2, devant 2 000 ou 3 000 spectateurs. On avait fait 0-0. Je découvrais le stade, le Club, l’environnement.
Depuis, on a vécu de très belles choses. Quand le temps passe vite, c’est généralement bon signe, cela veut dire que tout se passe bien.

Si je dois en retenir deux, je citerais d’abord celui contre Dunkerque à domicile. Le match en lui-même n’était pas exceptionnel, on ne va pas se mentir, il y a eu 0-0, mais c’était le soir de la montée, ça reste dans les mémoires.
L’autre match, c’est celui contre Strasbourg la saison dernière, synonyme de maintien. Ce n’était pas la même forme de délivrance que lors de la montée, mais c’était une autre émotion très forte. Je citerais ces deux matchs.
Ce n’est pas évident, car j’ai aussi beaucoup joué arrière-gauche lors de ma première saison et je suis défenseur central de formation, c’est mon poste de prédilection.
Je pense que j’ai surtout progressé dans mon jeu défensif, l’anticipation et la lecture des situations. La Ligue 1 est un championnat qui va très vite avec de grands joueurs. C’est dans ce domaine que j’estime avoir le plus progressé.
Jordan Lefort.
Je suis plus exigeant avec moi-même. J’ai toujours été un grand professionnel, mais j’ai encore dépassé ce cadre. Je suis allé chercher les détails. Que ce soit à l’entraînement, en match, ou en dehors du terrain, ce qu’on appelle l’entraînement invisible.
La différence entre le joueur que j’étais à mon arrivée et celui que je suis aujourd’hui se situe vraiment dans cette quête du détail.
Au-delà des réussites collectives comme la montée ou le maintien, ce qui me rend particulièrement fier, c’est la reconnaissance des supporters.
Quand je me promène en ville et que des sympathisants du SCO me félicitent pour mon travail, pour mes performances ou pour l’enchaînement des matchs, ça me touche beaucoup. Ça signifie que tout ce que je mets en place est visible, que les efforts sont reconnus. C’est un véritable sentiment de réussite.
Il y a d’abord la confiance du Club, du coach et du staff. Même si tu es un bon joueur, si le coach ne te fait pas confiance, c’est compliqué. J’ai eu la chance d’être soutenu par la direction et le staff.
Ensuite, il y a tout le travail en coulisses pour essayer d’être le plus performant possible. Ça marche parce que, quand on travaille, on est toujours récompensé, et je vois que tout ce que j’ai mis en place ces dernières années, que cela soit en nutrition ou dans le travail supplémentaire sur la performance et la préparation mentale, m’a beaucoup aidé. Évidemment, cela ne garantit pas de faire un bon match à chaque fois, mais sur une saison, tu as plus de chances de faire beaucoup de bons matchs que des moins bons.
Le plus difficile, c’est quand tu prépares parfaitement ta semaine, que tu mets tout en place pour performer, et que le week-end ça ne fonctionne pas. Par exemple, ce week-end, je trouve que je n’ai pas fait un bon match (contre Lille) alors que j’avais préparé ma semaine exactement de la même manière que depuis le début de la saison. Là, l’aspect mental devient essentiel. Il faut analyser, ajuster, et repartir, sans remettre en cause tout le travail accompli.
Je suis en phase avec ce que je fais. J’estime que je suis dans la continuité de la saison dernière.
Sur le plan collectif, faire partie des meilleures défenses du championnat est une grande satisfaction et me rend fier, même si ce n’est pas une réussite individuelle. C’est le travail de toute l’équipe, pas seulement des défenseurs ou du gardien. C’est très bien.
Pour un Club comme le SCO, réussir une saison solide en Ligue 1 est une vraie fierté. C’est difficile de se maintenir à ce niveau quand on fait partie des plus petits budgets. Il faut se sublimer à chaque match et je pense qu’on a bien réussi à le faire depuis le début de la saison. Il y a des hauts et des bas et il faut continuer à travailler.
Il faut rester concentré sur l’instant présent, prendre les matchs les uns après les autres. Ne pas se projeter trop loin, ne pas se faire de films. Il reste 11 matchs, et chacun compte.
À titre individuel, mon objectif est de continuer à être performant et même de progresser malgré l’âge. J’ai toujours cherché à m’améliorer match après match.
Collectivement, l’idée est simple : prendre les points nécessaires. On fera les comptes à la fin, mais aujourd’hui, la priorité est d’aborder chaque rencontre l’une après l’autre.












