Interview Dan SinatéInterview Dan Sinaté

Quelques jours après avoir effectué ses débuts en Ligue 1 McDonald’s, Dan Sinaté nous parle de son parcours, de ses premières apparitions en Noir&Blanc et de son épanouissement depuis son arrivée.

Bonjour Dan. Tu as effectué tes débuts en Ligue 1 McDonald’s ce week-end face à Nice. Quel sentiment cela t’a-t-il procuré ?

Beaucoup de fierté, j’étais vraiment content. En plus, je reviens un peu de loin, donc c’est un aboutissement de mon travail, même si ce n’est que le début et la première marche. Maintenant, ça me force à continuer à travailler encore plus. Je remercie le Club qui m’a accueilli au tout début. Je suis vraiment très content d’avoir effectué ma première, en attendant d’espérer avoir plus de temps de jeu.

Comment as-tu vécu ces premières minutes ?

J’étais très heureux, avec l’impression d’être dans un film. Il y a eu un peu de pression, mais une fois que j’étais sur le terrain, c’est passé. J’étais content, épanoui et heureux d’être là. J’ai très bien vécu le moment.

Sur les minutes que j’ai jouées, j’ai couru, je n’ai pas trop perdu de ballons. J’étais assez content. Maintenant, ce n’est qu’un début, les premières minutes. Donc c’est du bon pour la suite.

Peux-tu nous parler de ta découverte du ballon rond lors de ton enfance ?

J’ai commencé au Pays Montrésorois. Ensuite, je suis parti à Saint-Cyr-sur-Loire, dans la région de Tours. À Saint-Cyr et dans la région Centre, il y a une très bonne formation, donc beaucoup de recruteurs viennent voir les matchs et les tournois. C’est comme ça que j’ai été repéré par l’AS Monaco, où j’ai fait toute ma formation et ai par la suite signé mon premier contrat professionnel à 17 ans.

À quinze ans, ce n’est pas trop dur de quitter ses repères et ses proches ?

Si, bien sûr, c’est compliqué. Mais quand tu as vraiment le rêve d’être footballeur, tu es obligé d’y aller à fond. Il y en a qui font encore pire, qui quittent leur pays très jeunes et qui ne voient plus leur famille pendant un ou deux ans. Moi, ça allait encore, je pouvais rentrer pendant les vacances. Mais ça reste compliqué. Quand tu as un rêve comme ça, tu dois l’attraper et y aller à fond.

Comment se sont passées tes années monégasques ?

Elles se sont bien passées, même si j’avais parfois des problèmes personnels. Je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais et que tous les jeunes footballeurs de mon âge auraient rêvé d’être là où j’étais. C’est après coup que j’ai compris. Ça m’a fait grandir. Je garde un bon souvenir de Monaco.

J’ai joué avec les U17 et les U19. Après, j’ai eu un problème, une opération, ce qui m’a empêché de reprendre avec la réserve. Et après ça, j’ai dû partir.

Dan Sinaté lors de la finale de la Coupe Gambardella entre l’AS Monaco et le Clermont Foot (2023).

Ce titre en Coupe Gambardella lors de ta deuxième saison, c’est quelque chose qui marque ?

Oui, une belle victoire en 2023. Je m’en rappellerai toute ma vie. Ce sont des souvenirs incroyables quand tu es jeune. Les coachs nous disaient qu’on s’en souviendrait toute notre vie. Sur le moment, tu ne t’en rends pas compte, mais en fait c’est exceptionnel. Franchement, ce sont de très beaux souvenirs.

Peu de temps après avoir rejoint l’AS Monaco, tu découvres l’Équipe de France. Entre 2021 et 2023, tu obtiens 9 sélections en U16 et U17. C’est une fierté ?

Oui, bien sûr. J’ai fait le tournoi de Montaigu et d’autres très bons tournois. C’était une grande fierté de représenter la France. Même si ce n’était que chez les jeunes, ça reste quelque chose de fort. J’en garde de très bons souvenirs.

Dan Sinaté avec l’Équipe de France U17.

Après trois ans sur le Rocher, tu quittes la France pour t’engager avec le Deportivo Alavés, club de première division espagnole. Peux-tu nous parler de ton expérience en Espagne ?

Après Monaco, j’avais fait un test à Toulouse en juillet 2024 pendant un mois. Ensuite, j’ai arrêté de jouer pendant deux ou trois mois, j’étais inactif. Puis, on m’a appelé pour aller à Alavés. On m’avait promis certaines choses qui n’ont pas été tenues. Et moi aussi, mentalement, je n’étais pas prêt à continuer dans des conditions difficiles.

J’étais loin de ma famille, je ne jouais pas beaucoup, donc c’était compliqué. Je n’ai pas réussi à tenir sur la durée. Je ne me suis pas adapté, même si j’étais bien accueilli. Je n’étais pas prêt à partir à l’étranger aussi vite, je manquais de maturité et de mental. Donc j’ai préféré partir.

Après quelque temps de l’autre côté des Pyrénées, tu fais ton retour en France en rejoignant les Noir&Blanc en janvier 2025. Qu’est-ce qui t’a fait choisir le SCO ?

Je suis arrivé en test. J’ai été très bien accueilli, notamment avec la réserve. J’étais épanoui, mais dans ma tête je me disais que c’était peut-être ma dernière chance de jouer au football, parce que j’avais enchaîné les tests et ça devenait compliqué. Mais ici, je me suis vraiment senti bien. Aujourd’hui, je suis très heureux d’être là et j’ai envie de continuer l’aventure.

Le feeling est très bien passé. J’ai retrouvé mon football, j’ai pris du plaisir. J’ai senti que c’était ici que je devais continuer et voir jusqu’où je pouvais aller.

À partir de là, tu enchaînes les matchs avec la réserve du Club, et intègres, à plusieurs reprises cette saison, le groupe pro en Ligue 1 McDonald’s. Comment évalues-tu ta première année complète en Anjou ?

Franchement, je suis content. Au début, c’était un peu difficile parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas joué. Mais après, je me suis acclimaté. J’ai joué pas mal de matchs avec la réserve. En fin de saison, je commençais à m’entraîner avec les pros. Ensuite, j’ai continué dans cette dynamique. J’ai aussi participé au tournoi de Toulon avec le Mali, ce qui m’a beaucoup aidé. C’était exceptionnel, avec de très bons souvenirs.

Aujourd’hui, je suis dans la continuité du travail. Je suis content, épanoui, et j’ai hâte de retourner sur le terrain.

En décembre dernier, tu as effectué tes débuts en professionnel en entrant en jeu face aux Herbiers. Tu marques notamment ton tir au but lors de la séance qui qualifie nos Noir&Blanc. C’est une étape importante pour toi à ce moment-là ?

Oui, même si c’était quelques secondes ou quelques minutes, c’est important. Ça te met un déclic, tu comprends ce qu’est le haut niveau.

C’était contre une très bonne équipe de National 2 et il y avait de la pression, surtout avec les tirs au but. Si tu rates, c’est fini. J’étais vraiment content de faire mes débuts dans ce contexte.

Dan Sinaté a marqué son tir au but lors de la qualification face aux Herbiers (0-0, 5-6 t.a.b).

Après ces débuts, tu es dans le groupe lors du déplacement au Havre et, quelques mois plus tard, tu effectues tes débuts en Ligue 1. Quels sont tes objectifs pour le reste de la saison ?

Essayer de gagner du temps de jeu. Je ne demande rien. Je veux être prêt quand on fait appel à moi. Je veux continuer à travailler, progresser, et faire la différence sur les minutes que j’ai, pour montrer que je suis là et que je veux jouer le plus possible.

L’été dernier, tu opères un changement de sélection nationale et découvres le groupe U23 du Mali, avec qui tu comptes déjà cinq sélections, à l’occasion du Tournoi Maurice Revello. Quelles sont les racines de ce changement ?

Mon père est malien, donc j’ai fait les démarches. Un mois avant le tournoi de Toulon, on m’a appelé. J’ai tout de suite accroché. J’ai de la famille là-bas, mon père m’a encouragé, et le coach m’a beaucoup parlé. Représenter son pays, ses racines, c’est quelque chose de fort. C’était exceptionnel.

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